Le temps emporte tout sur son passage, n’est pas ?
C’est comme une tempête dévastatrice, qui ne laisse derrière elle que chaos et solitude.
Tout ça c’est des foutaises, il est évident que le temps n’emporte rien.
Ni les mauvaises choses, ni les bonnes, il vous les laisse, sans doute pour l’éternité, il vous laisse vos erreurs, et vous laisse vos bonheurs, comme pour contempler une œuvre intégrale de votre vie dans un musée berlinois branché.
Parfois il est agaçant et collant, tantot il nous fuit, et on perd même sa dignité à vouloir s’en emparer…
Mais il est aussi notre seul rempart contre la solitude de l’âme, ainsi qu’il est notre unique raison de mourir.
Tout ce prélude, c’est juste pour en venir au fait :
Je suis perdu, je ne sais pas si je dois admirer le temps passer, ou m’inquiéter qu’il passe trop vite…
Que suis-je devenu ? Ou bien, qu’ais je jamais été ?
Je ne le saurais probablement jamais.
Ce gouffre, a bien y penser je m’y suis enfoncer tout seul :
Entrepreneur la journée, je côtoie une certaine classe de personnes, la plus part du temps ingrate, voulant s’enrichir à tout prix, je m’adapte, moi aux milles faces, a ce « potentiel client », et afin d’obtenir un marché, l’arène est ouverte et un seul mot d’ordre : QUE LE PLUS FORT GAGNE.
Le soir compositeur musicale, mon échappatoire par le passé, et de plus en plus, un monde ou il y a sans doute autant de confusion que le premier, et autant de caprices à rassasier ( Le beat est bon mais….)
Parfois, étudiant en droit, car dit t on , que celui qui maîtrise l’art du Droit, à le monde entre ses mains, comme dans ces grandes firmes ou les « lawyers » tiennent pour marionnettistes, mais ce monde est aussi plein de compromis, et de donnant/donnant…,
Et enfin, blogueur novice, au style très « spontanée » me dirait quelqu’un, et au fond je ne sais même pas pourquoi j’ais entrepris cette aventure …
Et Enfin me voila, perdu parmi mes propres désirs et démons, à ne plus savoir ce que je veux de cette vie au final, peut être bien juste la traverser, sans y laisser trop de dégâts, peut être aurais je voulu être simple berger, mais aurais je tenu le coup aussi, peut être aurais je voulu n’être qu’un songe, mais aurais je pus supporter ?
Tout compte fait, je préfère les choses tel qu’elles sont, aussi futiles que les choses me paraissent, j’aime à y être….
HEUREUX, celui qui, loin des affaires, comme les hommes de l'ancien temps, travaille avec ses bœufs les terres de ses ancêtres, sans aucun souci pécuniaire ; celui qui, soldat, n'est pas réveillé par la retentissante sonnerie de la trompette ; celui que la mer déchaînée ne fait pas trembler d'effroi ; celui, enfin, qui fuit le forum et les somptueuses demeures des citoyens influents.
Celui-là donc, marie les hauts peupliers avec les longues pousses nouvelles de la vigne ; il jette un regard sur ses troupeaux qui errent en mugissant dans une vallée retirée ; de sa petite serpe il taille les rameaux improductifs, en greffe de plus prometteurs ; dans des amphores bien propres il fait couler le miel qu'il a exprimé et les brebis qu'il tond se laissent faire, dociles.
Quand, dans les campagnes, Automne a dressé sa tête ornée de fruits mûrs, qu'il est heureux de cueillir les poires sur un arbre qu'il a lui-même greffé, ainsi que le raisin d'un rouge aussi profond que la pourpre, pour t'en faire l'offrande, à toi Priape, comme à toi, vénéré Silvain, protecteur des limites !
Il prend plaisir à s'étendre tantôt sous l'yeuse séculaire, tantôt sur l'herbe épaisse, tandis qu'entre de hautes rives s'écoulent les cours d'eau, que, dans les bois, les oiseaux font entendre leur plaintif ramage et que les frondaisons bruissent du ruissellement des eaux, comme autant d'incitations à faire un léger somme.
Lorsque l'hiver, la froide saison de Jupiter tonnant, ramène pluie et neige, avec ses nombreux chiens, il rabat par-ci par-là de sauvages sangliers vers les filets qu'il a disposés ; sur ses bâtons d'oiseleur il tend des filets à larges mailles, pièges pour les grives voraces et il cherche à prendre au collet le lièvre farouche et la grue de passage; voilà quelles sont ses agréables compensations.
Qui, au milieu de tout cela, pourrait encore être préoccupé par les pénibles tourments de l'amour ? Si, pour sa part, une femme vertueuse veillait sur la maison et sur les chers enfants ; si, semblable à la Sabine ou à l'épouse brûlée de soleil d'un agile Apulien elle entassait du bois sec sur le foyer sacré au retour de son mari fatigué ; si, enfermant son beau troupeau entre des claies tressées, elle en asséchait les mamelles gonflées ; si elle tirait d'une jarre un agréable vin de l'année, et préparait un repas avec des ingrédients non achetés, alors, coquillages du lac Lucrin – ou turbots ou scares, si la tempête faisant rage sur les flots d'Orient en ramenait sur nos rivages – ne me donneraient pas plus de satisfaction.
Ni la pintade africaine, ni la perdrix ionienne ne me procureraient autant de plaisir que des olives cueillies sur les branches les plus chargées de mes arbres, que l'oseille des prés ou la mauve aux vertus médicinales, que l'agneau sacrifié pour les Terminalies ou le chevreau arraché aux griffes du loup.
Et pendant ces repas, comme il serait plaisant de voir les brebis se hâter, repues, vers leur bergerie et les bœufs fatigués traîner d'un cou rompu le soc retourné, ainsi que toute la troupe des esclaves, richesse de la maison, assise autour des Lares rayonnants. ”
Après ces belles paroles, l'usurier Alfius, qui aspire si fort à cette vie champêtre prochaine, fait rentrer tout son argent aux Ides et cherche à le placer pour les Calendes...
HORACE épode II
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